Je laisse, je laisse s'évaporer ce qui me semble inutile, et je redécouvre le goût des choses. Moi aussi, j'ai comme la poitrine qui m'oppresse. J'ai comme le même nom dans la tête, et comme les mêmes peurs. Je me dis lucide, je me vois aveuglée. Oui, je suis aveugle des choses, des gens. Je tâtonne et mon inexpérience fait que je déclare comme établies des choses qui ne le sont pas.
Je suis une petite fille gâtée dans mes relations. Toujours l'attention sur moi. Moi, moi moi. Celle qui fait rire pour se rendre ridicule rien que pour que les gens la regardent. Celle qui prêtait toujours attention à son physique de façon superficielle. Celle qui veut être originale et qui veut le prouver dans son apparence. Celle qui veut être douée et unique. Celle qui veut toujours être "tu es la première avec qui je ressens toutes ces choses". Celle qui s'enfonce dans son mal-être quand elle se sent seule ou rejetée.
Bien sûr que j'ai peur de vous. Vous m'intriguez. Je veux vous plaire.
Alors je me lance comme une catin dans vos bras, et je vous couvre de mon air enjoué.
J'ai toujours cru que chacun de nous avait une part très noire. Pas seulement quelques personnes. Toutes. On ne peut faire confiance à personne. C'est ainsi que je voyais les choses. Et il est arrivé. Il m'a dit d'être positive. C'est marrant de me dire que je n'ai jamais été positive, alors que j'ai toujours été la fille au grand sourire. Toujours été la fille qui fait rire quand on va mal. Toujours été la fille qui va bien. Jusqu'à ces crises. Je me détache d'elles. Alors je veux croire que tout est possible, et que tout peut-être beau. Je nuance ma luminosité et mon contraste, je lance un filet dans la foule. Voyons les spécimens qu'il m'apportera. Je m'abandonne dans leurs ondes, j'essaie de capter si je m'en sors plus forte ou vidée. Mais même avec la meilleure volonté du monde, on essaie toujours très dur, mais on ne sent pas qu'on change. Il y a toujours des moments où on craque, où on se laisse aller. Et on se rattrape avec un sourire penaud, on s'excuse. Le c½ur rongé par les remords de nos anciens sentiments. On se mord l'intérieur des joues et on se dit qu'on ne va plus recommencer.
Je veux juste être celle qui pour toi, sera l'unique, sera la seule. Je tuerais tout ce mauvais côté de moi pour y arriver, et c'est les mains couvertes de sang, le visage pâle et le sourire figé que j'arriverai, plus forte, à tes côtés. Et ce sacrifice me sauvera, car ainsi je verrai comme toi. Tu vois, c'est moi. Regarde mon cocon, je le construis grâce à toi, il reste des trous dus à ces peurs que j'étouffe. Mais j'ai hâte de m'y plonger et de ressortir, non pas différente, mais plus aimante afin d'être celle dont tu as toujours rêvée. Et enfin de parvenir ce pour quoi je me dis être née: "être l'unique pour quelqu'un".
Je me suis coupée aujourd'hui, j'aurai voulu que tu sois là.
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